Le monde de la santé en France semble avoir décidé que les masseurs-kinésithérapeutes libéraux n’avaient pas besoin de formation continue. Après tout, pourquoi un professionnel de santé qui passe ses journées à réparer les corps usés de ses patients aurait-il besoin de se former ? Pourquoi aurait-il besoin de perfectionner ses compétences pour s’adapter aux avancées scientifiques, technologiques et aux nouvelles méthodes thérapeutiques ?
Le grand désamour de l’Etat pour la formation des kinés libéraux
Pendant des années, le Développement Professionnel Continu (DPC) était un outil indispensable permettant aux kinés de suivre des formations tout en étant partiellement indemnisés. Mais ces derniers temps, ce dispositif se referme comme un piège, réduisant de plus en plus ses prises en charge aux seules Evaluations des Pratiques Professionnelles (EPP). Traduction : on ne vous aide plus à apprendre, juste à prouver que vous faites bien votre travail. Logique.
Ajoutez à cela la suppression du crédit d’impôt formation, et on obtient une situation ubuesque : on exige des kinés qu’ils se forment, mais on leur retire un à un tous les moyens de le faire gratuitement ou à moindre coût. Et pendant ce temps, nos collègues salariés ont accès aux OPCO pour financer leurs formations. Discrimination ? Hypocrisie ? Appelons ça tout simplement un mépris institutionnalisé.
FIF PL : un dispositif en bout de souffle
Le FIF PL, censé aider les professions libérales à financer leurs formations, est une bouée de sauvetage… perće. Plafonds ridiculement bas, enveloppe rapidement épuisée : il suffit de voir la galère des kinés pour faire financer des formations utiles à leur pratique pour comprendre que le système est à bout de souffle. De plus, l’année 2024 risque d’être une année noire avec des budgets revus à la baisse et des critères de plus en plus restrictifs.
Et maintenant, on fait quoi ?
Face à ce délire administratif, il est temps d’agir. Il faut aller plus loin :
- Mettre la pression sur les syndicats professionnels (FFMKR, SNMKR, Objectif Kiné, etc.) pour exiger un financement digne de ce nom.
- Contacter les députés et sénateurs pour qu’ils se saisissent du problème et remettent en place de vrais dispositifs de financement.
- Interpeller l’ANDPC et le FIF PL, qui doivent rendre des comptes sur l’avenir des formations pour les kinés libéraux.
- Se mobiliser sur les réseaux sociaux, car rien ne bouge mieux qu’une communauté en colère.
- Si nous ne bougeons pas maintenant, demain, ce seront nos pratiques qui en paieront le prix.
- La formation continue ne doit pas être un luxe, mais un droit. Et il est grand temps que l’Etat le comprenne.
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